Frank Zappa : Uncle Meat

Dès son éveil artistique, Zappa colle parfaitement aux ambitions d’une époque ou la pop n’a plus de limites. Ses deux influences majeures, Johnny Watson et Edgard Varèse, montrent déjà cette envie de mêler l’énergie et la complexité, la spontanéité créatrice et la complexité technique.

Il est pourtant trop en avance sur son temps, et écrit ses premières partitions dans l’indifférence quasi-totale. Alors que, quelques années avant le premier album de king crimson, il posséde la formule capable de mêler musique savante et pop, il ne peut vivre de sa passion.

Il enchaine donc les petits boulots avant de signer son premier contrat d’enregistrement. Premier bébé issue de son union avec une grande major, « freak out » fait son petit effet à sa sortie.

Nous sommes en 1966, le psychédelisme commençe tous juste à émerger grâce aux expérimentations du butterfield blues band, et Zappa semble déjà ce moquer du phénomène. On sait que l’homme ne supportait pas les drogues, qu’il voyait comme une aliénation, au point d’interdire à ses musiciens d’en consommer.

Cela n’empêchait pas freack out d’être remplie d’expérimentations alambiquées, salués par Paul Mccartney lui-même. Fasciné par l’expérimentation sonore depuis qu’il à découvert les possibilités offertes par les studios d’enregistrements, le beatles répète à longueur d’interview que l’album freak out eu une grande influence sur l’élaboration de sergent pepper. John Lennon enfonce le clou en affirmant que Zappa fut le seul musicien capable de mélanger le rock avec des musiques plus « sérieuses ».

Pourtant, les ventes sont maigres et, après un « absolutely free » aussi peu vendue, Zappa décide de s’auto produire. Il parvient tout de même à faire survivre son groupe et, en 1969, lorsque captain Beefheart est au bord du dépôt de bilan, il propose naturellement de produire son prochain album.

Les deux amis accouchent d’un des albums les plus hallucinants de tous les temps et, entre les séances, Beefheart fait partager à son ami sa passion pour le jazz. Celui qui a déjà participé à la formation intellectuel de Zappa, en passant ses années d’études à explorer avec le rythm n blues, vas initier le second grand virage de sa carrière.

La virtuosité du Jazz vient ainsi s’ajouter aux expérimentations de Varése et a l’énergie de Johnny Watson, et Zappa entre vite en studio pour immortaliser cette nouvelle inspiration. Sortie en 1969, « uncle meat » est un album primordiale dans la carrière de zappa : le précurseur de sa période « jazz rock ».

Comme beaucoup de chefs d’œuvres , « uncle meat » est d’abord le résultat d’un échec , celui du film du même nom, que zappa voulait réalisé. La warner ne s’était pas montré très emballé par ce projet excentrique et, incapable de le financer, Zappa abandonne l’aventure.

Il écrit tout de même ce qui aurait dut être la bande son de ce film, et la sort la même année. Comme annoncé sur la pochette, « Uncle meat » est donc « la bande son d’un film que nous n’avons pas pue finir par manque d’argent ».

Ce concept involontaire encourage Zappa à aller encore plus loin dans l’expérimentation. S’affirmant comme un compositeur expérimenté, il multiplie les miniatures sonores aussi courtes que riches.

En tant que producteur, il expérimente à tous vas, accélérant les bandes magnétiques et multipliant les collages, pour donner à sa créature musicale un visage unique. Seul « louie louie » rappel son attachement au rythm n blues, mais l’interprétation des mothers tient plus de la déstructuration géniale que de l’hommage appliqué. Enorme pièce final en 6 parties , king kong clôt ce délire monumentale par une orgie sonore ou l’excentricité côtoie la virtuosité.

« Uncle meat » est un album monumental. A l’image de soft machine en Angleterre, il produisait une version novatrice du jazz rock, avant de s’en rapprocher de plus en plus sur les albums suivants.

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